Cette interview est parue dans le Supplément Des Dernières Nouvelles D'Alsace (Version Femina) du 6 Juillet 2007
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Daniel Radcliffe: "Je ne sais jamais quoi dire aux filles".
Qui est le jeune héros d'"Harry Potter et l'Ordre du Phénix" ?
L'acteur anglais, qui a grandi avec son personnage, se livre un peu à nous.
Comment évolue Harry Potter dans ce cinquième volet ?
Il devient adulte. Harry est comme tous les adolescents, il doute de lui et doit apprendre à mieux se connaître. Or, au cours de cette cinquième année d'études à Poudlard, il va devoir mener une vraie guerre contre les forces du mal.
Dans ce film, Harry et sa bande connaissent de gros problèmes avec l'un des professeurs.
Dans la vie, cela vous est-il arrivé ?
Bien sûr. Je n'en ferai pas la liste, mais l'un d'entre eux en particulier m'a dit quelque chose de très blessant et j'avais perdu beaucoup d'assurance à cause de lui. Mais travailler sur les "Harry Potter" m'a fait le plus grand bien. Ca m'a aidé à me construire et à avoir confiance en moi.Faites-vous un parallèle entre Harry aujourd'hui et vous ?
Oui, dans le sens où j'essaie de comprendre qui je suis et d'appréhender les problèmes auxquels tous les adolescents sont confrontés.Vous pensez à un souci en particulier ?
Sans aucun doute, les filles ! Elles représentent ma plus grande source d'inquiétude. Je ne sais jamais quoi leur dire. Non, c'est faux... Je sais quoi leur dire mais, dès que quelqu'un me plaît vraiment, ce n'est pas si simple.Quel chemin avez-vous parcouru depuis le premier volet ?
A 10 ans, j'étais un gamin qui adoré l'expérience du premier "Harry Potter" sans me rendre compte du sérieux de ce travail. Aujourd'hui, je vais avoir 18 ans et je sais que je veux être acteur. Ca fait toute la différence, croyez-moi ! A l'époque, même si j'étais concentré sur le plateau, j'avais aussi l'habitude de m'amuser et de rire. J'ai appris depuis que le plus important pendant un tournage était de savoir se concentrer pour être prêt quand le metteur en scène lance le fameux moteur".Alors, plus de farces comme dans les précédents volets ?
Eh non ! Malheureusement. Nous étions tellement occupés, avec Emma Watson (Hermione) et Rupert Grint (Ron), qu'il n'était pas question de nous dissiper. Et puis, travailler avec des acteurs de premier plan comme Imelda Staunton (Dolorès Ombrage), Gary Oldman (Sirius Black), Ralph Fiennes (lord Voldemort) et Helena Bonham Carter (Bellatrix Letsrange) est une chance merveilleuse. Du coup, nous avons tous été très sérieux.Quand avez-vous compris que vous vouliez être acteur ?
C'est venu progressivement. J'ai pris l'habitude d'être sur les tournages et j'aimais de plus en plus cela. Alors l'idée d'en faire mon métier a peu à peu germé dans ma tête.Qu'est-ce qui vous attire ?
Devenir un autre me passionne. Mais la réalisation m'intéresse aussi. Travailler avec Chris Columbus, Alfonso Cuarón et Mike Newell m'a beaucoup inspiré et appris. J'ai aussi pas mal discuté avec David Yates, le réalisateur du cinquième volet. Je ne peux pas avoir de meilleurs professeurs !En quoi Harry Potter a-t-il changé votre vie ?
Des gens m'abordent dans la rue, mais ça ne me pose pas vraiment de problème. Ils font même beaucoup de compliments sur les films. Entendre : "Nous avons adoré" après onze mois de tournage est plutôt satisfaisant, non ? Cela dit, beaucoup de gens n'y croient pas, mais mon quotidien n'a pas changé de façon radicale. Je me sens célèbre deux jours par an, pendant les premières. C'est tout.Que faites-vous pour mener une vie normale ?
Je ne change pas ma façon d'être. A mon avis, dès que l'on commence à se comporter différemment, c'est que l'on mène plus une existence normale. En ce qui me concerne, si je veux aller voir un film ou sortir avec des amis, je n'hésite pas. Le cinéma fait simplement partie de ma vie.Si vous aviez pu demander à J.K. Rowling d'écrire quelque chose pour vous dans le dernier livre de la saga, qu'auriez-vous choisi ?
J'aurais adoré qu'Harry tombe amoureux de Scarlett Johansson ! Mais bon, cela me semble bien peu probable. [Rires.] J'aurais aussi aimé qu'Harry soit plus souvent avec Sirius Black. Même si je pense qu'il ne reviendra pas, j'aimerais en savoir plus sur lui, je le trouve vraiment très intéressant.La fin de la saga est-elle angoissante ?
Pas du tout. Ce qui est génial, avec J.K. Rowling, c'est qu'elle sait ce qui va arriver. De plus, elle voit les films d'un autre oeil que les livres : cela nous évite trop de pression. Imaginez qu'elle considère les deux de la même façon... La richesse des livres donnerait des films de cinq heures ! Qu'elle nous fasse confiance est fantastique.
Propos recueillis par Karen Bedel / Starve
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Cette interview est parue dans le Supplément Des DNA (Version Femina) du 6 Juillet 2007