Brice Ournac, né le 30 septembre 1987, fêtera ses 16 ans cette année . Le talent de ce jeune comédien est désormais bien reconnu dans la profession. C’est par le théâtre amateur qu’il est venu au doublage. Entre un cours de français et un cours de maths, il est devenu un habitué des plateaux de synchro puisqu’il prête sa voix depuis quelques années au héros de la série Malcolm sur M6, et à la petite star américaine Haley Joel Osment.
De ses cours de théâtre au récent doublage d’A.I. de Steven Spielberg, Brice nous raconte son étonnant parcours.
La Gazette du doublage : Comment es-tu venu au théâtre puis au doublage ?
Brice
Ournac : C’est ma mère qui m’a inscrit il y a 7 ans au théâtre car je faisais toujours le pitre. Au début, je ne connaissais pas trop, puis ça m’a plu. Actuellement, j’en fais toujours. C’est par le théâtre que je suis arrivé au doublage il y a 4 ans. Ma professeur de théâtre connaissait une personne qui travaillait pour L’Européenne de doublage. Elle est venu au cours et a recruté une vingtaine de personnes pour aller passer des essais dans un studio. J’ai donc été choisi pour commencer à faire des ambiances (foules, etc...), puis des petits rôles.
La Gazette du doublage : Quelle a été ta réaction quand tu t’es retrouvé devant une bande-rythmo ?
Brice Ournac : Au début, j’ai eu un peu de mal car il faut lire le texte au moment où il défile devant le start (repère indiquant au comédien le début de la réplique à " jouer "). Mais on m’a expliqué, et cela s’est bien passé ensuite.
La Gazette du doublage : Quel a été le premier film où tu as doublé Haley Joel Osment ?
Brice Ournac : C’était pour le film Sixième sens. On a été plusieurs à passer des essais, qui ont été ensuite envoyés aux Etats-Unis. Ensuite, ils m’ont choisi.
La Gazette du doublage : Sais-tu par rapport à quels critères ?
Brice Ournac : Ma voix devait correspondre à l’acteur et au personnage. J’avais sans doute la voix la plus proche.

La Gazette du doublage : Qui t’a dirigé sur ce film ?
Brice Ournac : Michel Derain. C’est un bon directeur de plateau qui sait bien communiquer avec ses acteurs.
La Gazette du doublage : tu es désormais la voix officielle de Osment ?
Brice Ournac : Oui je pense car cela trois fois déjà que je le double. Dans Sixième sens, Un monde meilleur et Intelligence artificielle (A.I.). Mais je n’ai pas de contrat d’exclusivité. Ce sont les productions américaines qui décident pour chaque film si je vais le doubler ou pas.
La Gazette du doublage : A propos d’A.I., ton camarade Kelian Blanc double le frère de David, ton personnage. Kelian a aussi prêté sa voix à Harry Potter. Aurais-tu aimé doublé ce héros ?
Brice Ournac : Oui, et je crois que j’étais même envisagé. En effet, Jenny Gérard qui m’a dirigé sur A.I. et qui s’est aussi occupée de Harry Potter avait songé à m’engager. Finalement, ils ont pris Kelyan, qui est un peu plus jeune que moi, car ils ont trouvé que ma voix commençait à muer. Et comme plusieurs films d’Harry Potter, sont prévus...
La Gazette du doublage : As-tu doublé d’autres films ?
Brice Ournac : J’ai doublé le personnage de Pinocchio dans le film Pinocchio et Gepetto, le petit garçon dans Coeurs perdus en Atlantide avec Anthony Hopkins et récemment j’ai doublé la vedette de la série Malcolm pour un film qui va sortir prochainement. J’ai aussi doublé, mais ce n’était pas des rôles principaux, des enfants apparaissant dans les films comme Un couple presque parfait (avec Madonna et Rupert Everett), The Patriot, Magnolia, et le fils de Jodie Foster dans Anna et le Roi. Malheureusement, je n’ai pas pu la rencontrer car elle s’était post-synchronisée à part (elle parle français).
La Gazette du doublage : Tu rencontres les acteurs que tu doubles ?
Brice Ournac : J’aurais pu rencontrer Haley Joel Osment quand il est venu présenter A.I. au festival de Deauville. Lori Rault, la directrice du doublage de la Warner m’a raconté qu’elle avait déjeuné avec lui à cette occasion, ils ont parlé de moi. Il aurait aimé connaître sa voix française...
La Gazette du doublage : Tu passes toujours des castings de voix ?
Brice Ournac : Oui, la production américaine le demande. J'aurais dû normalement passer un essai pour A.I., mais comme ils savaient que je doublais Haley Joel Osment depuis Sixième Sens, et que le film a été un succès en France, ils ne m'ont rien demandé.
La Gazette du doublage : Préfères-tu doubler des rôles comiques où dramatiques ?
Brice Ournac : J’aime bien faire les deux mais avec une préférence pour les rôles dramatiques que jouent Haley Joel Osment, qui nécessitent pour moi plus de concentration.
La Gazette du doublage : Vois-tu une différence entre doubler une série et un film ?
Brice Ournac : Oui, c’est différent. Sur un film, on prend son temps, on à quelque fois l’occasion de voir le film avant et un peu de temps pour fignoler. Sur une série, tout doit aller plus vite, car il y a souvent plusieurs épisodes à doubler dans la journée.
La Gazette du doublage : Tu fais le doublage seul ou accompagné de d’autres comédiens ?
Brice Ournac : Pour les films 35 mm en général je suis seul (ou deux au maximum). Pour A.I. (4 jours de travail) j’ai doublé la plupart du temps seul, et parfois avec un autre comédien. J’ai fait notamment la scène de la forêt avec la comédienne Laurence Breheret qui double " ma mère ". Pour Sixième Sens (4 jours de travail), j’ai doublé avec Patrick Poivey. Pour Coeurs perdus en Atlantide, j’ai doublé presque tout le film avec Jean-Pierre Moulin (voix française d’Anthony Hopkins).
La Gazette du doublage : Quel a été le film le plus difficile à doubler ?
Brice Ournac : A.I., très certainement, car la directrice de plateau (Jenny Gérard) et en particulier Claudia Gvirtzman, qui supervisait le film pour la production américaine, voulaient que je donne le meilleur de moi. En général, pour les scènes difficiles, j’écoute d’abord l’acteur à l’écran, puis en me concentrant, j’arrive bien à recréer les émotions du personnage.
La Gazette du doublage : Pour en revenir au théâtre, je crois que tu continues à prendre des cours et à passer un concours annuel ?
Brice Ournac : Oui, je vais à mon cours le mercredi après-midi. Chaque année, je passe le concours de théâtre Léopold-Bellan. On monte d’un niveau à chaque fois qu’on obtient une première mention. Au concours, j’ai déjà présenté des extraits de La Cantatrice chauve d’Eugène Ionesco et La Mégère apprivoisée de Shakespeare.
La Gazette du doublage : As-tu déjà reçu des propositions pour jouer dans une pièce de théâtre ou un film ?
Brice Ournac : Non, pas encore. Je ne fais pour l’instant que du théâtre amateur notamment les pièces annuelles qu’écrit ma professeur de théâtre et je continue les études en parallèle. je voudrais continuer à faire du théâtre, du doublage et en faire ma profession. Plus tard, j’aimerais peut-être m’essayer au cinéma, un domaine que je ne connais pas encore, contrairement au théâtre et au doublage.
La Gazette du doublage : Des projets...
Brice Ournac : Pour le théâtre, il y a mon concours Léopold - Bellan en mai prochain. Je continue à doubler, pour la télévision, le personnage d’une série qui passe sur la chaîne Comédie et des épisodes de Malcolm. En ce qui concerne le doublage en général, on ne me le dit que peu de temps avant, un mois au plus. Donc j’attends...